Résumé du mémoire de maîtrise

 

 

 

Les apprenants espagnols face à la phonétique française : Analyse de la prononciation d’un groupe d’apprenants et essai de correction phonétique.

 

 

Cette étude a été réalisée à l’occasion d’un séjour d’enseignement de la langue française dans un établissement espagnol de la communauté Valencienne. Le travail fourni a permis de rendre compte des difficultés rencontrées par les apprenants hispanophones (parlant valencien) dans leur prononciation du français. L’attention a été principalement portée sur les erreurs dues à une prononciation défaillante, susceptibles d’entraver la communication.

 

La première partie de l’étude propose une description des systèmes phonologiques du français et de l’espagnol de manière à faire apparaître leurs ressemblances et leurs différences. Cette analyse a ensuite permis de formuler un système hypothétique de fautes concernant la prononciation française des apprenants espagnols.

La seconde partie de l’étude s’est portée sur l’analyse d’un corpus constitué en Espagne, auprès de collégiens et de lycéens espagnols étudiant le français comme langue seconde. L’examen de ce corpus a mis en évidence les principales erreurs de prononciation des hispanophones de la communauté Valencienne. Il a alors été constaté que le système de fautes réelles différait du système hypothétique envisagé. Il s’est avéré que la majeure partie des fautes provenait de l’influence de l’orthographe sur la prononciation ; que certaines erreurs avaient tendance à se fossiliser, comme l’adjonction de la voyelle nasale [n] pour prononcer les voyelles orales ; et que les sons consonantiques [J] et [H] semblaient présenter des difficultés de taille pour les élèves et devenir des fautes récurrentes.

La troisième partie débute sur un bref résumé de la plupart des différentes méthodes de correction phonétique, puis elle continue par une proposition d’exercices de correction pour les fautes de prononciation révélées par l’analyse du corpus. Les propositions d’exercices ont été élaborées en se basant sur la méthode verbo-tonale, cette méthode ayant paru la plus adéquate du fait qu’elle intégrait la phonétique dans l’aspect global de la langue.

 

Ce travail aurait pu être complété par une analyse plus poussée de l’ensemble des fautes de prononciation et par le suivi de la prononciation d’un groupe d’apprenants afin d’observer quelles étaient les erreurs les plus difficiles à corriger et quelles étaient les plus simples à éliminer.

La prononciation, comme tout autre aspect qui relève du comportement, peut se travailler indépendamment de l’âge ou du niveau de l’apprenant. C’est par un travail régulier et assidu que les effets seront mesurables. Il reste cependant une question en suspens à cette étude : Est-ce vraiment possible d’aboutir à des résultats satisfaisants dans le domaine de l’apprentissage oral ?